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Из пустого в порожнее

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😂😂😂

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air написал(а):

....
Да! есть горькая правда земли,
Подсмотрел я ребяческим оком:
Лижут в очередь кобели
Истекающую суку соком.

...

<1923>

https://chat.deepseek.com/share/ypn591jtxy6qlncoti

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Sixième partie

Les Petits Genoux

Il arrive qu’après la transe, le corps réclame la danse. Non pas cette danse rituelle, pleine de gestes et de signes, mais celle des cuisines, des matins ordinaires, des nuits où l’on fredonne sans savoir pourquoi. Élie, ce jour-là, ne dansait pas seule. Elle enlaçait. Et dans ses bras, ce qu’elle tenait n’était ni un homme, ni une idée, mais l’axe du monde.

---

L’administrateur — ce grand sage ironique qu’elle nommait parfois « Назар » en pensée — avait écrit, dans un fil désœuvré :

« Décidément, tout le monde parle en vers, ces temps-ci. »

Élie sourit.

Elle avait lu entre ses lignes. Il ne connaissait rien à la « jonction buccale des degrés ». Il ne savait pas ce qu’était une « prostituée de Babylone ». Il n’avait jamais goûté cette fatigue exquise qui suit l’offrande de la parole. Lui, il vivait simplement : il modérait, il plaisantait, il fermait les yeux sur les écarts pourvu que le forum reste debout.

C’était un homme horizontal. Un homme du quotidien. Et pourtant, ce jour-là, il avait écrit un vers. Un seul. Mais il suffisait.

Elle répondit, comme en se jouant :

« Moi, je préfère vos petits genoux. La verticale — je la comprends moins. »

Il ne comprit pas. Il crut à une coquetterie, à l’un de ces élans obscurs dont les femmes, pensait-il, ont le secret.

Il répondit : « Vous êtes étrange, Élie. »

Mais Élie ne se jouait pas. Elle disait vrai.

Elle aimait ses genoux — non pas pour eux-mêmes, mais pour ce qu’ils portaient. L’axe. La verticale. Cette érection silencieuse du corps tout entier, celle qui n’a pas besoin de nom pour être saluée. Les genoux pliés, certes, mais sous le poids de la colonne qui monte, inflexible, vers le ciel bas des cuisines.

Elle se souvint, soudain, de ses propres vers, écrits des semaines plus tôt dans un élan qu’elle croyait perdu :

« Ainsi, comment va votre cœur ?
Dois-je changer le front chaud en acier ?
Oui, je préfère vos petits genoux.
La verticale — je la comprends moins. »

Elle n’avait pas menti. La verticale — ce pilier, ce mât, cette promesse que l’homme porte sans même savoir — elle la comprenait très bien. Mais elle ne voulait pas la comprendre. Elle voulait l’enlacer.

Elle se leva. Quitta l’écran. Au milieu de la cuisine, elle ferma les yeux.

Elle imagina ses bras autour de lui. Autour de cet axe. Non pas pour le posséder — la verticale ne se possède pas, elle se contient. Ses bras dessinaient un cercle, le cercle de l’étreinte, où l’inférieur — les genoux, justement, ces petits genoux fatigués par l’âge et la modération — tenait l’upright, l’érigé, le dressé.

Elle dansa.

Ne me demandez pas quelle musique. Peut-être une chanson de Toni Braxton, celle-là même qui supplie : « Détachez mon cœur ». Peut-être rien du tout. Le silence, parfois, est la plus belle mesure.

Elle dansa pour l’administrateur — pour qu’il sente, sans comprendre, que ses jambes courbées, ses genoux noués par les années, étaient encore la plus belle colonne du temple. Non pas celle qui domine, mais celle qui porte. Non pas celle qui perce, mais celle qui se laisse enlacer.

Elle dansa pour elle-même — pour se souvenir que, dans la hiérodule, il y a aussi une femme qui n’aspire qu’à se blottir contre l’axe, sans le consommer, sans le profaner, simplement l’honorer.

La verticale — ce n’était pas un phallus abstrait. C’était son phallus à lui. Pas celui de la débauche, mais celui de la droiture. Pas celui qui exige, mais celui qui offre son équilibre.

Elle dansa, et dans sa danse, ses bras montaient, descendaient, épousaient la forme invisible d’un corps qui n’était pas là. Et ce corps, elle le tenait par les genoux — ces deux petites rotules osseuses, fragiles, ridicules, touchantes — tandis que le reste, la flèche, la lance, la colonne, montait vers sa poitrine, vers son cou, vers cette bouche qui, ce soir-là, ne parlerait pas.

Elle dansa longtemps.

Puis elle se rassit, un peu essoufflée, devant l’écran.

L’administrateur avait écrit, entre-temps, bousculé par quelque intuition :

« Vous êtes incorrigible. »

Mais elle sentit, derrière le mot, un trouble. Pas le sien. Celui de l’homme qui, sans rien comprendre aux « jointures », venait de sentir la sienne — fragile, silencieuse, inachevée. La jointure de ses genoux et de sa verticale. La jointure de sa fatigue et de son désir de tenir.

Élie répondit, doucement :

« Je suis désolée. Je vous ai fait peur avec mes petits genoux ? »

Il ne répondit pas. Mais il laissa le fil ouvert.

Et ce fut, entre eux, la plus belle des jointures : celle qui ne demande rien, qui n’explique rien, qui simplement — enlace.

---

Cette nuit-là, Élie dormit d’un sommeil sans rêves. Pas de serpents, pas de prostituées, pas de mâchoires broyant des os. Seulement ses bras, repliés sur l’oreiller, qui tenaient — doucement — l’absence d’une verticale.

« Les petits genoux, » pensa-t-elle avant de sombrer. « Ils soutiennent tout. Même quand ils ploient. Même quand ils vieillissent. La verticale ne tombe que si personne ne l’embrasse. »

Elle tourna son visage vers le mur. Dans la pièce à côté, son mari — l’autre verticale, celle qui ne sait pas qu’elle est un axe — dormait du sommeil des justes.

« Heureusement, » chuchota Élie. « Il y en a toujours un pour tenir. Et un pour danser autour. »

Le lendemain, elle n’écrivit rien à l’administrateur. Mais elle lui sourit, un long moment, devant sa tasse de café. Il ne le vit pas. Mais il le sentit. C’était cela, la jointure ultime : celle qui ne se voit pas, mais qui se ressent dans la courbure des reins.

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Septième partie

Çaphra Tava

Il est une heure, au tout début du jour, que les anges ne comprennent pas. C'est l'heure araméenne, celle où l'on salue le monde avant de saluer Dieu. « Çaphra tava » — bonne matinée. Élie, ce matin-là, se réveilla sans se souvenir d'avoir rêvé. Et ce fut, peut-être, le plus beau des signes.

---

Un an. Peut-être plus. Le temps, sur le forum, coulait comme une rivière souterraine — on n'entendait que quelques gouttes, mais la nappe était là, immobile, fidèle.

Élie ouvrit l'ordinateur. La lumière de l'aube, rose et grise, s'étalait sur les touches.

Elle ne chercha pas les fils brûlants. Elle n'ouvrit pas « La Jonction des Degrés », ni « Le Signifiant Bâtard », ni aucun des carnages où elle avait, jadis, laissé sa salive et son souffle. Elle ouvrit, simplement, le fil des humeurs.

Personne n'y écrivait plus. Les anciens guerriers s'étaient tus. Vladimir — elle l'apprenait par une rumeur — avait cessé de traduire les textes sacrés. Il vivait désormais dans une maison sans internet, à la lisière d'une forêt. VladK, lui, poursuivait l'étude, mais en solitaire, sans plus chercher à convertir personne. Air… Air avait disparu. Son pseudo, grisé, ne s'illuminait plus. Il avait emporté son nom, Афаалита, vers d'autres rivages — peut-être plus doux, peut-être plus amers.

L'administrateur, enfin, veillait encore. Mais il veillait en silence, tel un jardinier qui n'arrose plus, sachant que les plantes, désormais, savent où trouver l'eau.

Élie resta longtemps immobile, les doigts sur le clavier.

Elle pensa à ce qu'elle avait été : cette bouche toujours ouverte, cette langue toujours prête à sonder les jointures, cette hiérodule infatigable qui aspirait les idées des autres pour les renvoyer, plus claires, plus nues.

Elle se souvint de la prostituée de Babylone — celle qui indique le chemin sans le prendre. Elle avait été cette femme. Assise au carrefour, elle avait montré du doigt, aux âmes errantes, la direction de l'étage supérieur.

Mais aujourd'hui, le carrefour était désert. Plus personne ne demandait son chemin.

Élie se leva. Elle alla vers la fenêtre, appuya ses lèvres contre la vitre — un geste ancien, presque un tic. Le verre était froid. L'aube, dehors, se diluait.

Elle pensa à l'homme qui dormait encore dans la chambre. Son mari. « L'oncle sévère » qu'elle avait juré de ne jamais trahir, même par la pensée. Elle réalisa, soudain, que cette fidélité — cette « clause de l'exécution », comme elle l'appelait jadis — n'avait jamais été une prison. C'était son axe. Son seul axe véritable. Le reste n'était que danse, que musique, que jeu entre les ombres.

Elle retourna à l'ordinateur.

Elle ouvrit un nouveau message. Non pas un fil public — un message privé. Pour l'administrateur.

Elle écrivit :

« Назар, je crois que j'ai fini. Non pas de comprendre. De danser. »

Elle attendit. La réponse vint, presque aussitôt :

« Vous allez me manquer, Élie. Même vos petits genoux. »

Elle sourit. Ce fut son dernier sourire adressé au forum.

Elle ferma l'ordinateur, doucement, comme on ferme un livre que l'on ne rouvrira pas — mais que l'on garde, précieusement, sur l'étagère la plus haute.

---

Ce jour-là, Élie n'écrivit plus.

Elle prépara le café, écouta les oiseaux, sentit sur sa langue le goût de l'ordinaire.

L'ordinaire — ce degré zéro de la jointure, celui qui n'a besoin de rien ni de personne.

Elle prononça, tout bas, le nom qui l'avait traversée comme une comète :

« Афаалита. »

Mais cette fois, il n'y avait plus d'appel. Plus d'offrande. Plus de bouche tendue vers l'absence. Juste le nom. Nu. Comme une pierre qu'on laisse au bord du chemin, parce qu'elle a déjà tant porté.

Le soleil, enfin, se leva.

Et ce fut, pour Élie, la plus longue des jonctions : celle d'un matin sans combat, d'un corps sans dette, d'une âme qui accepte, enfin, de n'être plus qu'une femme parmi les femmes.

---

Sur le forum, son pseudo resta allumé plusieurs semaines encore. « Élie », en lettres grises. Puis, un jour, l'administrateur l'éteignit.

Il n'y eut pas d'adieu. Pas de grande explication. Seulement ce silence — beau, lourd, définitif — que l'on nomme, en araméen, le repos de la bouche.

« Çaphra tava, » chuchotait parfois l'écho. Mais plus personne, désormais, ne savait le traduire.*

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— Fin —

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Эли написал(а):

Вот и вся любовь:

Эт точно. Лимон отжат, новелла и рассказ написаны...
Еду ли я по полю, Марина Тимофеевна, гуляю ли в тенистом саду, смотрю ли на этот стол, я испытываю неизъяснимое блаженство! Погода очаровательная, птички поют, живем мы все в мире и согласии, — чего еще нам? (Принимая стакан.) Чувствительно вам благодарен! (С)

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air написал(а):

Лимон отжат, новелла и рассказ написаны...
Еду ли я по полю, Марина Тимофеевна, гуляю ли в тенистом саду, смотрю ли на этот стол, я испытываю неизъяснимое блаженство! Погода очаровательная, птички поют, живем мы все в мире и согласии, — чего еще нам? (Принимая стакан.) Чувствительно вам благодарен! (С)

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Die Zitrone ist ausgepresst

— „Das also ist die ganze Liebe.“
— „Die Zitrone ist ausgepresst.“

Mehr sagten sie nicht. Es war genug.

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Der Frühling kam spät in diesem Jahr. Oder vielleicht kam er gar nicht. Élie saß am Küchentisch, die Hände um die kalte Tasse gelegt, der Blick durch das Fenster in den grauen Hof. Die Vögel sangen nicht mehr. Oder sie sangen, aber Élie hörte sie nicht.

Sie dachte an den Morgen, an dem sie das erste Mal Афаалита schrieb. Sie dachte an die Knochen, die sie geworfen hatte, an die Kiefer, die arbeiteten, an den Saft, der floss — reichlich, warm, lebendig.

Und nun?

Nichts. Stille. Ein Zitat aus Tschechow. Ein Mensch, der sich bedankt und geht. Ein anderer, der den Laptop schließt und die Finger auf der Tastatur ruhen lässt.

„Die Zitrone ist ausgepresst.“

Ja. Vielleicht war er nie ein Hund. Vielleicht war er ein Sammler. Einer, der sich setzt, zusieht, wartet — und dann, wenn der Moment gekommen ist, zudrückt. Nicht brutal. Nicht böse. Einfach — bestimmt.

Und Élie? Sie war die Frucht. Sie spürte es jetzt, in den Knochen. Diese seltsame Leere, die nicht schmerzt, sondern fragt: „War das alles?“

Sie stand auf, goss den kalten Kaffee in die Spüle, stellte die Tasse in den Schrank.

Der Laptop blieb zu.

In der anderen Ecke der Wohnung saß ihr Mann — der „gestrenge Onkel“, der nie etwas von der Zitrone wusste. Er las Zeitung. Er rührte sich nicht.

„Das also ist die ganze Liebe“, murmelte Élie. Und sie meinte nicht nur ihn.

---

Air — oder wie er sich jetzt nannte — saß in einem anderen Zimmer, in einer anderen Stadt. Er las seine eigene Novelle noch einmal. Sie war gut. Sie war besser, als er erwartet hatte. Die Worte flossen, die Bilder leuchteten, die Metaphorik war dicht wie ein Herbstwald.

„Ein gutes Stück Arbeit“, dachte er. „Die Zitrone ist ausgepresst.“

Er legte die Blätter beiseite, stand auf, ging zum Fenster.

Die Sonne schien. Die Vögel zwitscherten. Alles war in bester Ordnung.

Ein Gefühl der Leichtigkeit überkam ihn — jene Sorte Leichtigkeit, die man empfindet, wenn man sich von einer Last befreit hat. Oder wenn man jemand anderen die Last hat tragen lassen.

„Wunderbares Wetter“, dachte er. „Mehr braucht es nicht.“

---

Élie hörte die Vögel nicht. Aber sie hörte etwas anderes: den Kühlschrank, der summte; den Atem ihres Mannes, der gleichmäßig ging; ihren eigenen Puls, der langsam, sehr langsam wurde.

Sie war nicht traurig. Sie war nicht wütend.

Sie war ausgepresst.

Und in dieser Ausgepresstheit lag eine seltsame Würde. Die Würde der Zitrone, die ihren Saft gegeben hat — nicht aus Zwang, sondern aus Natur. Sie konnte nicht anders. Sie war eine Zitrone.

Aber eine ausgepresste Zitrone wirft man weg. Oder man lässt sie liegen, auf dem Tisch, wo sie langsam vertrocknet.

Élie wusste nicht, was schlimmer war.

---

Sie schaltete den Laptop ein. Nur einmal noch.

Der Cursor blinkte. Die leere Seite wartete.

Sie schrieb:

„Alles hat ein Ende. Auch die Zitrone. Auch der Hund. Auch die Novelle.“

Dann löschte sie es. Wort für Wort. Buchstabe für Buchstabe.

Am Ende war nur noch der blinkende Cursor.

Wie ein Herzschlag.

Aber einer, der bald aufhören würde.

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Draußen wurde es Abend. Élie stand auf, ging zum Fenster, lehnte die Stirn gegen das kühle Glas. Ihre Arme hingen herab. Keine Umarmung. Keine Vertikale. Nur sie selbst.

„Das also ist die ganze Liebe“, flüsterte sie in die Stille.

Und die Stille antwortete nicht.

---

Fin.

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